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l'Europe ne valide pas la partie fret du projet

18 mai 2014, 13:25pm Publié par La coordination des Opposants au Lyon Turin

Communiqué de Presse 18 mai 2014

La nouvelle, tenue secrète jusqu’à peu, fait l’effet d’une bombe.

L’Europe est en train de se désengager du projet Lyon Turin

En effet, le Présidio Europa du mouvement No Tav à publié le 14 mai un dossier « la fin du TAV ? » (lien) par lequel nous avons appris que les instances qui gèrent le PCLT (plate forme du corridor Lyon Turin) après 3 réunions successives, à Bruxelles en 2011, puis Chambéry en 2012, et de nouveau à Bruxelles en 2013, avait pondu un rapport. lien

Extrait : « les participants sont convenus de la nécessité de réactiver la ligne existante pour qu’elle devienne l’axe ferroviaire principal pour le transport des marchandises entre la France et l’Italie ». le point de vue partagé est l’impossibilité de proposer la construction d’une nouvelle ligne sans avoir entrepris tous les efforts possibles pour rétablir la ligne existante comme artère principale de transport après les travaux d’élargissement du tunnel ferroviaire Fréjus/Mont cenis. (l’extrait est à la page 11 du rapport d’octobre 2013 de M. Laurens Jan Brinkhorst, coordinateur du projet).

http://www.reporterre.net/IMG/pdf/lyon_turin-rapport_brinkhorst-oct_2013.pdf

Le PCLT comprend le coordinateur européen la commission européenne, les autorités nationales, régionales et locales des 2 états membres concernés, la France et l’Italie, les directeurs et les opérateurs de chemin de fer, le promoteur actuel LTF, l’Observatoire et les organisations représentant les intérêts de l’industrie et des futurs utilisateurs, comme Transalpine et Transpadana. Ces rapports ne sont pas publiés.

Il faut rappeler que les opposants français au projet avaient, suivant les conseils des conclusions de l’expertise indépendante du cabinet Reverdy (1997) demandé que le projet LGV voyageur soit remplacé par un projet fret. lien

Cette demande avait été entendue puisque les pouvoirs publics avaient décidé d’ajouter un volet fret au projet voyageur, ce qui était pour les opposants une demi-victoire.

Ce projet fret, doublant celui des voyageurs, étaient largement mis en avant par les promoteurs du Lyon Turin, faisant valoir qu’il permettrait de désengorger les routes des camions qui les occupent, sauf que les opposants avait fait valoir que le tracé retenu était dévastateur de l’environnement, provoquait la perte de 1500 hectares de terres agricoles, posait un énorme problème quand aux gravats générés. lien

Les opposants avaient finalement déclaré qu’il fallait mieux utiliser la voie historique, en la rénovant, appliquant la technique autrichienne utilisée au Brenner, qui permet la suppression de la quasi-totalité des nuisances, (vidéo) et utiliser la technologie de fret R-shift-R qui rend le fret ferroviaire compétitif (lien) mais ils n’avaient pas été entendus. Il semble qu’ils le sont aujourd’hui, suite à la décision de la commission.

Ce rapport a aussi démontré le scandaleux mensonge quand à l’éventuel financement de la partie internationale par l’Europe, dont les promoteurs du projet affirmaient qu’il serait de l’ordre de 40%, soit de 3,4 milliards d’euros (pour un projet qui approche les 30 milliards d’euros)

Or ce rapport nous apprend que la réalité est très différente : le financement de la partie internationale par l’Europe était de seulement 671,8 millions d’euros, et la commission ajoutait que « suite aux retards importants par rapport aux prévisions indiquées dans la décision de cofinancement de Lyon Turin (…) le montant du concours financier est passé à : 176,2 millions pour la France, et 219 pour l’Italie, soit une baisse de 41%, et moins de 400 millions d’euros au total ». lien

La commission ajoutait avoir été sensible aux critiques faites en France par la Cour des Comptes, instance que les opposants avaient alerté dès 2010. lien

Pour les opposants, cette décision lucide de la commission européenne, devrait mettre un coup d’arrêt définitif au projet, puisque privé de son volet fret, celui-ci a perdu le peu d’intérêt qu’il avait, d’autant que la voie actuelle n’est occupée par le fret qu’à 18% de ses capacités, et que le tunnel ferroviaire actuel entre la France et l’Italie a été rénové au gabarit B1. lien

Pour autant, les opposants ne baissent pas les bras, sachant qu’il faudra plus qu’un rapport pour stopper ce projet.