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communiqué de presse de Noël Communod, conseiller régional

9 juillet 2013, 19:41pm Publié par La coordination des Opposants au Lyon Turin

Le Lyon Turin en « débat » a la région Rhône-Alpes

Conseiller régional, élu des pays de Savoie, je m’oppose délibérément, au sein de la coordination des associations, à ce projet à 26 Milliards €, complètement disproportionné par rapport au besoin : nous l’avons prouvé par des dossiers documentés, chiffrés et confortés par la Cour des comptes et les rapports des plus grands corps de l’Etat.

J’ai demandé en décembre 2012 qu’un débat démocratique se tienne enfin à la région sur le Lyon-Turin. Cette demande fut relayée par les écologistes et le « débat » sera finalement organisé ce jeudi 11 juillet. Sont seuls invités à la tribune les promoteurs du projet et les élus doivent poser leurs question à l’avance et par écrit !

Alors même que se discute au parlement un projet de loi sur la transparence démocratique, il est choquant de voir la région Rhône-Alpes, « la Citoyenne », se comporter en chef de file du lobby Lyon-Turin.

Le projet ayant été lancé quelques jours avant la loi « Barnier » de 1995 imposant le Débat public, il a été considéré hors du champ de cette loi. Nous estimons que, compte-tenu des évolutions du contexte, le Débat public s’impose aujourd’hui.

Pour un Lyon-Turin adapté aux besoins.

Certains ont rêvé il y a 20 ans d’un projet grandiose devenu aujourd’hui inutile et impossible.

Structurellement, la vieille Europe s’est désindustrialisée et la croissance a quasiment disparu. Ce n’est pas un tunnel, même à 26 Milliards, qui changera cette nouvelle donne, qui créera le besoin de transporter davantage ; d’ailleurs, faut-il souhaiter qu’il y ait encore plus de camions sur les trains, donc sur les routes aussi ?

Il y a 20 ans, on avait choisi le moyen le plus difficile (7 tunnels dont un de 53 km sous les Alpes), le plus coûteux (26 Milliards), le plus dévastateur (1500 ha de terres) pour faire gagner quelques minutes sur le trajet Paris-Turin et pour transporter des camions.

Le rapport Duron vient de mettre en avant quelques principes de bon sens :

  • Ne pas lancer de nouvelles infrastructures pour satisfaire l’appétit des élus locaux sans s’assurer de la saturation prévisionnelle de l’existant et de son potentiel de développement.
  • Ne pas oublier qu’il n’y a que 2 financeurs possibles : le contribuable et l’usager.

En 20 ans, le monde a changé : la situation financière nous dicte la sobriété pour le Lyon-Turin.

Au regard du prix de l’énergie, de l’évolution actuelle et prévisionnelle des matières premières, il apparait incongru de dire qu’il faut augmenter les infrastructures pour développer les échanges. LES DONNEES CHIFFREES, nous indiquent une baisse depuis 20 ans et actuellement : 81000 camions en moins de 2012/2011 et déjà 44.000 en moins pour 2013/2012. Il passe moins de camions par les Alpes qu’en 1988 !

Tout converge déjà vers une société plus sobre en transports de marchandises.

Certes, les PIB sont encore en légère croissance, mais ce sont les services qui sont porteurs de cette croissance, et beaucoup de services ne nécessitent pas de transports.

Le temps du tunnel sous la Manche est déjà loin, qui a ruiné un grand nombre de petits actionnaires. Il n’y aura pas d’argent privé pour s’investir dans un projet de cette ampleur sans garantie des Etats. II n’y a en fait que l’argent du contribuable et de l’usager pour financement.

La sagesse populaire nous dicte donc une sobriété financière qui n’est évidemment pas celle du lobby qui conduit ce projet. La région a entraîné les collectivités vers des engagements qu’elles ne pourront pas tenir (1,250 Milliards € valeur 2015 dont 900 Millions pour notre collectivité). Les Etats n’ont plus les moyens, sauf à renoncer à d’autres urgences.

Ce projet, c’est 30 fois Notre Dame des Landes : 26 Milliards d’euros !

DEUX PRIORITES :

Il faut mettre le maximum de camions sur les trains : à Aiton, il n’y a eu que 27.000 camions au lieu des 300.000 annoncés par le Ministre des transports devant l’Assemblée nationale en 2002. La ligne actuelle du Mont Cenis n’est utilisée qu’à 17% de sa capacité. Utilisons-la maintenant ! On ne règlera pas le problème de la traversée des Alpes avec les seules infrastructures, mais avec la conjonction des nouvelles technologies de communication et de motorisation et une organisation du travail optimisée. Le mont Cenis ayant reçu 1 milliard € pour sa mise aux normes, il faut lui appliquer ces nouvelles technologies.

Les seules mesures prises au dernier sommet franco-italien du 3/12/2012 ont été :

Ouvrir la galerie de sécurité à la circulation des camions dans le tunnel de Fréjus et baisse des tarifs du tunnel routier. Que d’incohérences !

Il faut aussi organiser la circulation des personnes dans le sillon alpin et en Savoie ; rien n’a été fait depuis 20 ans en attendant le miracle du Lyon-Turin. Il faut doubler Les lignes de Saint André le gaz à Chambéry et de Chambéry à Aix et Annecy : maintenant, avant que nos villes ne soient asphyxiées par le nombre de véhicules qui augmente de façon exponentielle et génère 80% des émissions polluantes.

La coordination tiendra une conférence de presse demain matin 10 juillet à Lyon (espace Sarrazin, 8 rue Jean Sarazin) à laquelle je participerai.

Le 9 juillet 2013

Noël COMMUNOD,

Conseiller régional à la région Rhône-Alpes,

Elu régional